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Les 40 ans d’histoire d’une cabane à sucre
par Philippe Olivier - Journal Le Reflet
- 1999

Saint-Isidore Si les cabanes à sucre sont assez nombreuses dans la région, peu d’entre elles sont une histoire comparable à celle de la cabane à sucre La Branche, à Saint-Isidore, qui fête son 40e anniversaire cette année.

Au fil des ans, la tradition a poursuivi son chemin dans un esprit familial, évoluant de génération en génération.

« Mon grand-père, Willie Desgroseilliers, a tenu une petite cabane à sucre ici pendant environ 10 ans. Ensuite, mon père, Victor, a pris la relève pendant 20 ans dans la bâtisse o;u nous sommes présentement. Moi et mon épouse, Marie-France, nous continuons le travail depuis un autre 20 ans. »

Voilà comment Marcel Desgroseilliers dresse l’histoire de La Branche qui porte ce nom depuis les années 70.

Pour arriver à remplir 225 places – réparties dans une salle à manger et une salle privée – de l’établissement, les propriétaires n’ont pas à crier bien fort. La cabane est connue et reconnue comme Barbara dans la Passion!

« Au fait, nous avons à peine à fournir certaines fins de semaine », ajoute timidement Marcel Desgroseilliers, qui ne veut pas agrandir davantage au détriment du cachet de l’endroit et de la qualité des repas.

Marcel Desgroseilliers et Marie-France Lohé n’ont surtout pas l’intention d’en faire une grande cabane commerciale dans l’âme.

D’origine bretonne et native du Québec, Mme Lohé ne compte plus les heures qu’elle met à faire des grands-pères, des tartes, de la saucisse, de la soupe aux pois, du ketchup au melon, des cretons, du choux-fleur mariné, tout ça de ses propres mains.

« Elle fait des tartes chaque matin pour qu’elles soient toujours bien fraîches », rapporte M. Desgroseilliers. Elle est bien entendu aidée des membres de l’équipe.

« J’aime garder les recettes anciennes et conserver les vieilles méthodes de cuisson. C’est très important. Par ailleurs, j’aime aussi ajouter des éléments nouveaux », explique Mme Lohé, qui est diététiste de profession.

Si elle a hésité avant de le confier, les clients peuvent être fiers de savoir que les ingrédients qu’elle choisit sont les meilleurs qui soient, et les moins gras dans les circonstances.

La tradition familiale se poursuit
Si la tradition est présente depuis le grand-père de M. Desgroseilliers, elle n’est pas sur le point de s’éteindre! Le sympathique couple a la chance de compter sur ses six enfants – cinq garçons et une fille – pour mener à bien l’entreprise.

« Ils nous aident beaucoup et nous avons de la chance d’avoir une famille très unie. Nous sommes bien chanceux », reconnaît la mère.

À travers les années, des personnalités comme Michel Rivard, Pierre-Marc Jonhson et Véronique Cloutier sont venues s’amuser à la cabane La Branche.

Ce que M. Desgroseilliers regrette un peu c’est que le nombre d’érablières ait diminué considérablement.

« Il y a une centaine d’années, on en comptait une cinquantaine à Saint-Isidore. Aujourd’hui, il en reste cinq ou six ».

Technologiste-agricole de métier, il est avant tout un important producteur de fruits et légumes.

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Repas de cabane et fine cuisine sont synonymes
par Sylvain Daigneault - 1999

Saint-Isidore – Assaillis de tous côtés par les régimes minceurs et la cuisine Montignac, de plus en plus de gens sont sensibilisés à l’importance d’une saine alimentation. C’est pourquoi, depuis quelques années, plusieurs cabanes à sucre, notamment la cabane à sucre La Branche, à Saint-Isidore, ont donné un coup de barre la cuisine du temps des sucres. Et la popularité croissante des repas de cabane à sucre prouve aux acériculteurs qu’ils sont eu raison.

« Ce n’est pas un mauvais problème », affirme d’emblée Marcel Desgroseilliers, propriétaire de la cabane à sucre La Branche, à Saint-Isidore, en parlant de la popularité croissante des sorties à la cabane à sucre.

Parlant de nouvelle approche culinaire, M. Desgroseilliers précise : « Les fèves au lard restent des fèves au lard. Mais il y a eu une évolution des repas au cours des quinze dernières années.

Marcel Desgroseilliers, qui a pris la relève de l’entreprise de son père, Victor, il y a près de vingt ans, affirme que les progrès technologiques permettent de cuisiner plus aisément aujourd’hui. « Il fallait 1 h 10 pour faire une omelette soufflée quand j’étais petit, précise-t-il. Aujourd’hui, il faut vingt minutes. »

Une cuisine au goût du jour
Exception faite du pain et du jambon, tout est fait sur place. Et M. Desgroseilliers rend responsable son épouse, Marie-France Lohé, du succès de la cuisine. « Sa formation professionnelle (elle est diplômée en diététique à l’Université McGill) et ses origines bretonnes font d’elle une personne qui aime cuisiner des plats équilibrés. »

À ce chapitre, Marie-France se fait un point d’honneur de ne jamais ajouter de gras lorsque cela n’est pas nécessaire. « Ma mère n’a jamais mis de gras pour mettre du gras, affirme-t-elle. En misant avant tout sur la qualité des produits offerts, on offre des repas qui sont le plus nutritif possible. »

« On a évolué avec les mentalités, ajoute M. Desgroseilliers. Aujourd’hui, les gens regardent davantage la qualité des produits offerts que la quantité. »

Des produits toujours frais
Ce qui fait la réputation de la cabane à sucre La Branche, c’est la qualité des produits qui y sont offerts. Cretons, saucisses et tartes maison, omelettes soufflées d’après une recette de la grand-mère de M. Desgroseilliers, tout y est d’une qualité exemplaire. Jusqu’aux-choux-fleurs en marinade, qui sont de la ferme familiale.

Au dire de M. Desgroseilliers, le mouvement de raffinement de la cuisine dans les cabanes à sucre s’est amorcé au début des années 1990. « Dans les années 1980, beaucoup de cabanes en étaient venues à ressembler à des cafétérias », affirme-t-il.

Comme toutes les érablières de la région, celle de M. Desgroseilliers a beaucoup souffert du verglas de janvier 1998. « Cette année, je n’ai entaillé que le tiers des arbres, soit près de 500. Je veux donner du répit aux autres », affirme l’acériculteur.

Avec près de trente employés sur place les fins de semaines, la cabane à sucre La Branche demeure avant tout une affaire de famille. « Mes six enfants, qui sont âgés entre 9 et 17 ans, participent activement au bon fonctionnement de l’entrepris, affirme fièrement M. Desgroseilliers. Ce n’était pas facile quand ils étaient plus jeunes. Après une dure journée de travail, il fallait parfois se lever la nuit pour l’un d’eux. Mais aujourd’hui, ça va très bien », conclut-il, les yeux aussi brillants que son sirop.

Il faut prévoir environ deux semaines pour une réservation. Pour informations, (450) 454-2045.

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